Les rencontres aussi palpitantes qu’appétissantes — #2

Aujourd’hui, on part à la découverte de l’Ecoferme des mille et une pattes. Et c’est Josselin, son jeune fermier de 29 ans, qui nous emmène en virée à Carquefou au milieu de ses terres !

Métier hérité, métier découvert par curiosité, métier fortement recommandé, comment en es-tu arrivé à devenir fermier ?

“ C’est marrant mais j’ai toujours détesté la campagne ; enfin jusqu’à genre mes 20 ans, je considérais ça comme un truc de paysan, de bouseux quoi. C’est d’avoir fait mon BTS Gestion & Protection de la Nature qui m’a amené à l’agriculture à travers des stages qui m’ont fait côtoyer des agriculteurs.

Et puis plutôt que de passer sa vie à dire à des gens comment bien faire les choses, autant se lancer soi-même.

C’est ce qu’on s’est dit et avons fait avec quelques un·es de la formation : on s’est fait un projet collectif dans le Luberon, dans la maison où avait été tourné Manon des Sources. On y produisait du miel, des pois chiches, faisait de la vannerie, etc.

Suite à cela, j’ai fait une licence en agriculture bio en alternance dans une ferme dans les Ardennes — c’était mieux que dans un bureau de certification.

Je suis parti 3 ans voir le monde après et, à mon retour en terre nantaise, j’ai cherché du boulot pour (a-)voir l’aspect plus commercialisation. J’ai ainsi bossé chez Biocoop. Quelques temps plus tard, j’ai vu passer l’annonce de Terres de lien (recherche de projet pour des terres) et ai postulé, mais comme ça, pour le challenge de me dire tiens, dans 10 ans, je serai prêt ainsi ; pas de pot j’ai été sélectionné alors qu’il y avait d’autres candidats qui cherchaient des terres depuis des années..! Et donc voilà ça fait 2 / 2,5 ans (selon qu’on se fixe à la fin de la paperasserie officielle ou le début de l’arrivée sur l’exploitation) que l’écoferme des mille et une pattes existe ! 🙂 ”

Tu nous partages un de tes plus beaux moments beau, bien et bon (et même bio) ici ?

“ C’était avec Juliette, une Highland et ma première vache maman. Elle m’a laissé approcher son petit alors que c’était la Cheffe du troupeau. Ca a lancé la donne et c’est maintenant pareil avec Lakna désormais Cheffe ! Aussi, à égalité, je dirais les petits mots et mails des clients qui remerciaient pour la qualité de la viande après dégustation ! ”

En tant que client·e, on voit bien le produit fini (oeufs, rillettes de poule, steaks de vache) mais en soi, côté production, qu’est-ce qui prend le plus de temps ou est le plus difficile ?

“ Clairement l’Administratif ! De base c’est difficile et en plus je suis mauvais élève. Il faudrait y passer une journée complète par semaine pour bien faire. ”

En quoi l’Ecoferme des mille et une pattes est détonnante, dis ?

“ De par la diversité qu’on retrouve au coeur de la production ! C’est une chaîne vertueuse avec des imbrications et liens entre tout. Les 2 piliers fondamentaux de la Nature c’est la Diversité & la Complexité — ça devait être d’ailleurs la base de toute société.
Quelques exemples : je fais de l’agro-foresterie, c’est aller plus loin que le cahier des charges bio ; mes bâtiments (poulaillers couverts au coeur des parcours des poules) sont mobiles, ce qui fait que je les déplace et que ça ne marque ainsi pas le sol ; et j’ai envie de symbiose complète sur les terres avec pourquoi pas un artisan-boulanger, un projet de ferme pédagogique, développer une partie culturelle avec des espaces pour accueillir des fêtes, résidences artistiques, répétitions et même envisager du co-working à la ferme ! ”


Ca donne quoi le “comme un lundi” dans ton métier ?

“ Quand t’appelles pour la 50e fois de la semaine un bureau de l’Administration qui ne va encore pas répondre… ”

C’est quoi ton + gros kiffe au quotidien ?

“ Le contact avec les animaux, surtout les câlins aux grosses bêtes (vaches nantaise et highland, ânes et chiens en l’occurrence) & la liberté de faire ce qu’on veut comme la diversité des tâches (planter des arbres, gérer les poulaillers, suivre les nouveaux nés, changer les pâturages de place, livrer les oeufs,…). ”

1001 pattes vraiment ?

“Ahah ! Actuellement au niveau de l’activité on est plutôt sur 1 300 poules et 25 bêtes à quatre pattes entre les vaches, les ânes et les moutons, donc ouais, 2 700 pattes (+ les pots de rillettes, les steaks de viande, la culture céréalière du sarrasin et les centaines d’oeufs ramassés chaque jour) !”

On retrouve notamment les oeufs aussi beaux que bio des poules de Josselin chez Biocoop Place Bretagne à Nantes, chez Nature de Chêne à Carquefou, à l’Epicerie du Port de Mauves-sur-Loire, à l’AMAP de Doulon et dans les préparations du Kafé Gourmand et de la pâtisserie Esthète.
Et on peut suivre l’actualité de toutes ces petites et grandes pattes sur Facebook & Instagram!

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Une interview de Mariette pour Saveurs Détonnantes ❤